Alcatraz. Gardien de la baie de San Francisco, repaire des pélicans, l’îlot d’Al Capone et des Amérindiens qui y célèbrent encore leurs cérémonies de « Sunrise Gathering ». Sur la forteresse imprégnée d’histoire flotte encore cette divine odeur de tabac blond indien : maté aux notes de foin sec, bois de Gaïac fumé, cannelle pimentée de poivre noir.
Alger. Une ville d’Afrique du Nord à l’allure très parisienne. Façades haussmanniennes blanchies à la chaux, persiennes peintes en bleu, chaleur étourdissante, ambiance un tantinet sulfureuse. Des arcades trépidantes monte un délectable parfum de fleurs blanches, fleur de troène, jasmin sauvage, citron, néroli aux notes acides épicées d’un soupçon d’essence de piment.
Anchorage. De la froideur des terres qui dégèlent montent les timides volutes d'agrumes verts, d'un magnolia glacé par l'essence d'une menthe poivrée, de mousse et de muscs cristallins. Un accord boisé ambré apporte un peu de chaleur.
Aoyama. Bois humide, encens, linge propre, l’odeur typique d’une vieille maison japonaise toute en bois du quartier d’Aoyama telle que l’évoque Sonya Park. Senteur exquise et archi-chic de patchouli (l’effet bois humide), de bois fumé (Gaïac et Vétiver), de girofle. Un accord mousse accentue la sensation de fraîcheur.
Brasilia. Une ville béton climatisée, un parfum totalement futuriste. Plantée dans l’infini du désert, une construction aérienne de notes vertes croquantes, de rhubarbe sucrée acidulée, de « Rose Oxyde », de vibrations métalliques. Avec, en prime, une étonnante sensation d’air pur.
Broadway. Les affiches des théâtres clignotent dans tous les sens, sur le macadam, on se bouscule, l’agitation est à son comble. Inspirée de la recette secrète du soda le plus légendaire de la planète, une drôle de senteur effervescente, ultra rafraîchissante, caramélisée, citronnée, vous picote délicieusement le fond du nez.
Cabourg. Très chic station balnéaire normande. Sous les tonnelles fleuries des jardins du Grand Hôtel, Marcel Proust écrit à l’Ombre des Jeunes Filles en Fleur. Une délectable odeur de glycine, des bouffées de jasmin crémeux pimenté de fraîcheurs d’embruns envahissent ces lieux de vacance immuables.
Cambridge. Un roman d'Agatha Christie, un jardin anglais. Fouillis d'absolu de roses sensuelles et opulentes du Maroc, de roses fruitées de Turquie, entrelacs de notes vertes et végétales de feuilles de violettes, de Galbanum, de verveine, effluves épicés des feuilles du cannelier...
Delhi. Plongée épicée au cœur de la vieille ville. Dans les ruelles étroites, entre les entassements de maisons, dans une ambiance surchauffée, mille saveurs enivrantes vous montent aux narines : bétel, benjoin, muscs et myrrhe, bouffées de bois fumé, effluves de vanille, de beedies aux herbes et à l’eucalyptus.
Delphes. Suave mixture de fleurs des champs, de fleur d'oranger, de fleur d'amandier, d'une touche de miel blanc. Dans l'air vibre le parfum légèrement poudré des pollens de fleur.
Hong Kong. Effluves étonnants et délectables des embarcations chargées d'épices et d'agrumes qui longent lentement et majestueusement la baie. Duo décalé alliant l'épicé intense de la cannelle et la douceur fraîche de la mandarine.
Honolulu. Hello Sunshine, le parfum opulent du gardénia, fleur blanche révélée par les notes acidulées du citron de Californie et celles capiteuses de l'ylang ylang. La vanille apporte sa note solaire et sucrée à cette torride volupté.
Jerusalem. Pèlerinage follement odorant dans la ville céleste entourée de remparts. Parcours des lieux sacrés, le Saint Sépulcre, le Mur des Lamentations, le Mont des Oliviers. Aux volutes de l’encens d’église se fondent les effluves sombres et mystérieux de l’accord bois de Oud, bois de cèdre et muscade et ceux plus lumineux et végétaux du galbanum et du cyprès..
Kobé. Le soleil se couche sur les monts Rokko. Dans le vieux quartier de Kitano, on se promène entre les drôles de maisons européennes construites jadis par de nostalgiques étrangers. Des rues qui dominent la baie d’Osaka monte l’odeur chaude et piquante du gingembre confit, le parfum épicé froid de la racine de coriandre, l’onctuosité de la figue sucrée.
La Tournelle. Sur les quais de la Seine, l’imposant château de la Tournelle dresse ses tours de guet. Ses lourdes portes s’ouvrent sur des salles aux boiseries patinées et d’opulentes bibliothèques. Y flotte un merveilleux parfum à remonter le temps de notes humides et boisées de cèdre, de cyprès, de Gaïac et d’un indicible accord « ADN de parchemin » issu d’un Headspace de livres centenaire.
Lhassa. Des ruelles colorées et animées de la ville, montée à pas lents vers le Palais du Potala. Sur ce haut plateau, dans le ciel bleu pur, se dessinent les volutes de fumée blanche et odorante des baies de genévrier que les pèlerins font brûler. On s’enivre de ces effluves boisées épicées auxquelles se joint l’odeur médicinale de la girofle.
Mantes La Jolie. La mentha citrata aux notes franchement citronnées, l'accord vert et croquant des plantes aromatiques, la fraîcheur instantanée de l'eucalyptus restituent comme si on y était l'odeur d'un étalage d'herbes vertes au marché de la ville.
Marienbad. Une ville de cure à l’incroyable architecture baroque. Sous les arcades rococo des Thermes aux sept sources minérales préférées de Franz Kafka flottent de savoureux arômes de thé vert, de cardamome et de noix de muscade. Tandis que des bains d’eaux guérisseuses montent les brumes odorantes de la pierre chaude et humide, parfumée de santal et de muscs blancs.
Monte Carlo. Le chic suprême. Ballet incessant des portes à tambours de l’hôtel de Paris, ruissellement des rivières de diamants autour des tables de jeu du Casino. L’air frais est imprégné de divines et riches effluves chypre. Néroli, tubéreuse, rose, jasmin, iris, essences d’armoise et de patchouli puis une trace de cuir, fatale.
Namche Bazaar. Thé noir séché à l'odeur tabacée, de foin sec, à peine fumée. Aux vapeurs d'encens se mêle la fraîcheur de la verveine et du lavandin. On y respire aussi le patchouli, le maté d'Amérique du Sud, les muscs.
Naples. Chez Scaturchio, une dame en manteau de fourrure déguste une tranche de pastiera qu'elle accompagne d'un café. Un délice d'amandes et de fleur d'oranger, allégé d'une pointe rafraîchissante de petit grain. Et de néroli.
Opéra. Fastes au Palais Garnier : entrechats, pas de deux, ronds de jambes sur les somptueux parquets de bois polis à la cire d’abeille de la grande salle. Des foyers aux riches boiseries jusqu’au toit de l’Opéra où le miel se récolte à flots dans les ruches se répandent les accords enivrants de l’absolue de cire d’abeille et de la note miel, sublimés d’une pointe de santal et de benjoin.
Oulan Bator. Un campement, un troupeau de chevaux. Brut, un cuir souple et sensuel imprégné de tabac, d'encens, d'ambre gris, d'essence de racine d'angélique. Une échappée sauvage dans les steppes désertiques.
Québec. Des ruelles abruptes bordées de demeures campagnardes et de jardins secrets du Vieux Québec s’élève un parfum séculaire. Senteurs rustiques de plantes fourragères, effluves divins de Foin d’Odeur, l’encens des Amérindiens, une herbe aromatique sacrée qui attire les énergies bénéfiques et chasse les mauvais esprits.
Roquebrune. Dominant la mer, on se perd dans les étroites ruelles médiévales de ce vieux village « perché » de Provence, couronné d’un château carolingien. On s’arrête à l’ombre des voûtes romanes et l’on se grise de mille senteurs aromatiques : sauge sauvage à la note paille, fraîcheur de menthe crépue, coriandre, ciste et petit grain aux accents citronnés, incisifs.
Rue Saint Honoré. Fin d’après-midi. La porte de la boutique s’ouvre sur le macadam du vieux Paris. Un troublant parfum envahit aussitôt l’espace. Un nuage de poudre, quelques délicates notes vertes, un accord jasmin rose fusionnent délicieusement avec l’ambiance cuirée ambrée des lieux.
Saint Cirq Lapopie. Midi. Sous le soleil qui pointe après l'orage, lavandes et brumes de terre mouillées et d'humus flottent sur le ruisseau qui serpente entre les bois. Vapeurs aromatiques zestées de vétiver aux accents fumés.
Stockholm. Dans l’entrelacs de ruelles sinueuses et pavées de la vieille ville toute en pastel et ocre, se cache l’adresse secrète du célèbre Elixir du Suédois. Le roi Gustav II en abreuvait ses guerriers Vikings pour les rendre invincibles. Du flacon s’échappe un parfum inouï de plantes sauvages, girofle, lavandin, myrrhe, vétiver et sauge sclarée.
Tivoli. Dans les jardins de la Villa d’Este, jets d’eau et cascades se répondent. A l’ombre des cyprès centenaires , on se délecte de brumes de fraîcheur agrumée et on se laisse ensorceler par l’obsédant parfum des feuilles du cèdre et du bois de cyprès.
Yakushima. Sur l’île de Yakushima, une forêt primaire, mystérieuse, de cèdres millénaires, tapissée de mousses rares et d’azalées sauvages. Des troncs gigantesques des yakusugi, de l’humus, de la végétation incroyablement dense et verte, des cascades d’eau limpide, s’exhale une merveilleuse odeur boisée, suave, purement végétale.
Zermatt. Un village alpin typique, une station de ski aristocratique. Devant le célèbre hôtel du Mont Rose, on déguste un vin chaud en contemplant les neiges éternelles du Cervin. On se régale des effluves fruités de baies rouges sauvages, airelles, cassis, myrtilles, arrondis d’une pointe de réglisse, qui s’exhalent des sentiers alentour.
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